Publié le 24/03/2017

Palais de plein-air ... et acclimatation

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Après les premiers aménagements d’Amboise et de Blois, l’art des jardins « à la française » gagne l’ensemble des châteaux du Val de Loire. Le jardin devient un véritable palais de plein air.

 

Les palais de plein air

Les jardins du Domaine de  Chanteloup, aujourd’hui disparus, sont un bel exemple.

En 1761, le duc de Choiseul acquiert le domaine de Chanteloup et décide d’agrandir les jardins et le petit parc selon une hiérarchie très classique. Ces premiers aménagements s’articulent sur l’ensemble du domaine et avec la forêt d’Amboise. Elle est alors transformée en véritable « grand parc » grâce à des tracés géométriques complexes. Le duc fait également «conduire les travaux» d’importantes plantations.

Suite à sa disgrâce en 1770, le duc de Choiseul vient résider sur ses terres et parachève alors son grand projet. Cette immense composition est marquée par la régularité. Ce chantier des «dehors» accompagne des développements de la demeure et s’inscrit dans la tradition du jardin français classique, poussée ici à l’extrême. On retrouve un grand axe d’eau qui monumentalise tout le paysage et un ensemble complexe de parterres, bassins, quinconces et autres formes. Certains éléments comme les jeux des courbes des bassins et du bas des terrasses, les nappes et autres jeux d’eau s’inscrivent dans le style des jardins rococo.

Suite à ces aménagements se développe à partir de 1774 le projet d’un jardin anglo-chinois, selon le goût nouveau alors à la mode en France. Cette disposition vient se glisser à l’intérieur de l’emprise du grand jardin régulier. On passe alors des masses boisées géométriques et des bosquets réguliers d’origine à la complexité des tracés, à la diversité des plantations pittoresques, aux lacis des chemins et aux regroupements d’arbres. Ce nouveau « goût mélangé », associe des grandes structures régulières à des parties traitées dans le nouveau style. Le même modèle se retrouve à Menars, chez le marquis de Marigny. En 1773 s’ajoute la construction d’une pagode, « folie » conçue comme un temple dédié à l’amitié. Aujourd’hui ne subsistent que la pagode et la grande pièce d’eau, témoins de l’immense échelle de ce parc, qui fut parmi les plus monumentaux du XVIIIe siècle.

 

… et acclimatation

Dans le même temps, avec l’ouverture sur l’océan et un climat propice, la Loire permet une migration floristique et l’acclimatation de toute une végétation exotique.

 

Le Val de Loire, jardin exotique

Le XVIIIe siècle voit arriver par le port de Nantes des arbres et des plantes d’Amérique. La vallée constitue alors une véritable voie de pénétration pour ces végétaux. Leur collection fait l’objet d’une mode et les parcs et jardins des châteaux s’ornent de raretés botaniques.

Le Val de Loire est ainsi un couloir de cèdres, chênes rouges, tulipiers, séquoias, noyer noir, frêne de Pennsylvanie… Il en ira de même des plantes et de petits végétaux ornementaux ou médicinaux.

Bien des introductions sont à l’origine volontaires. Il s’agit le plus souvent de plantes ornementales ou alimentaires : l’érable argenté est planté dans les parcs ; les balsamines et les onagres sont semés pour la beauté de leurs corolles ; et la tomate elle aussi importée se reproduit désormais sur les alluvions.

D’autres introductions sont en revanche fortuites : sacs de transport, effets personnels de voyageurs. La  migration s’est effectuée par la suite le long des routes ou des canaux, voire pour certaines plantes aquatiques, par les oiseaux.