Publié le 24/03/2017

Urbains, populaires et contemporains

URBAINS...

Les parcs urbains XIXéme et XXéme siècles

Au XIXe siècle les jardins gagnent les villes du Val de Loire. C’est la naissance des parcs urbains. A la fin du XXème siècle, ils deviennent un enjeu en aménagement urbain.

En contrepoint des effets néfastes de la révolution industrielle et en contraste avec le développement urbain, le jardin devient partie intégrante de la ville. Jusqu’alors cantonné aux abords des châteaux et des grandes demeures, l’art des jardins gagne progressivement l’espace public sous la forme des parcs urbains. Angers, Tours, Orléans, Blois…les villes du Val de Loire se dotent toutes de leurs parcs ouverts au public, vastes jardins de style néoclassique ou anglais, agrémentés de plantes d’ornements, de pièces d’eau et d’ouvrages architecturaux : ponts, kiosques, statues…

Esquissé dès le début du XIXe siècle, le jardin du mail d’Angers par exemple est créé en tant que tel dans la seconde moitié du siècle, atteignant le boulevard de ceinture du centre-ville. De style néoclassique, supervisé par le célèbre pépiniériste angevin André Leroy, il est ouvert au public en 1859.

Autre exemple, le jardin des Prébendes d'Oé de Tours, est créé en 1872 par les frères Bühler, célèbres architectes paysagistes. Ce parc adopte l’art du jardin à l'anglaise, en vogue en France depuis la fin du XVIIIe siècle.

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Jardins ouvriers et banlieues maraîchères des villes

Au XIXe siècle également, le potager n’est plus l’apanage des seuls châteaux, abbayes, grandes demeures ou des habitations rurales. A mesure que les villes s’étendent, les espaces maraîchers se développent à leur périphérie.

Le développement de l’activité maraîchère est historiquement récent (XIXe siècle) Il est important dans le Val de Loire et son impact sur le paysage est multiple. On trouve ainsi des enclaves assez vastes au sein du tissu urbain. Cependant, ce qui prédomine et fait la singularité des espaces ligériens de vallées, c’est un parcellaire maraîcher dense, constitué de parcelles longues et étroites et situées en périphérie des villes.

Cette survivance actuelle d’une ceinture maraîchère des villes témoigne du dynamisme de cette activité dans la région, qui fait face au développement urbain tout en maintenant une activité agricole à forte valeur ajoutée.

Les très nombreux jardins ouvriers également présents en périphérie de nombreuses villes prolongent sous une autre forme cet attachement à la culture maraîchère.

...et contemporains

Villandry, l’exemple d’une reconstitution

Les jardins de Villandry sont l’exemple d’une reconstitution attentive de l’environnement renaissance d’un château du Val de Loire.

Villandry, édifié sur les fondations d’un château fort dont il reste un donjon, connut un premier achèvement vers 1536 puis fut ensuite remanié au XVIIIème. Il retrouvera son aspect du XVIème sous l’impulsion du docteur Joachim Carvallo, qui acheta le domaine en 1906.

Après destruction des jardins renaissance originels au XVIIIème, Villandry fut doté d’un parc à l’anglaise qui subsista jusqu’au début du XXème.

Les plans originaux du parc ayant disparu, le travail engagé au début du XXème siècle s’est fondé sur l’étude des représentations d’autres jardins de l’époque, en particulier des planches des « Plus excellents bastiments de France » de Jacques Androuet du Cerceau.

L’entreprise du docteur Joachim Carvallo de reconstitution des jardins Renaissance a abouti aujourd’hui à un ensemble qui s’étend sur 7 hectares et 3 niveaux.

L’ordonnancement général respecte les grands principes établis à la Renaissance. Potager et jardin des simples sont issus des traditions monastiques. Le jardin de plaisir, sur une terrasse plus élevée et le jardin d’Amour, derrière le château font revivre un idéal de la Renaissance. Parterres en broderie, fleurs variées, buis taillés, formes géométriques diverses et symboliques, fontaines décoratives, tout le registre hérité des traditions médiévales et des influences italiennes est utilisé à Villandry.

Création contemporaine à Chaumont sur Loire

Le domaine de Chaumont sur Loire, désormais centre régional de nature et de culture accueille et présente la création contemporaine de jardins depuis 1992.

Au XXe siècle, les créations d’art contemporain gagnent les espaces naturels ou jardinés.

Le domaine de Chaumont sur Loire fut tout d’abord connu pour son château. A partir de 1992 sous l’impulsion de Jean-Paul Pigeat (1946 -2005) l’activité la plus importante devint la réflexion sur les jardins et le paysage. Le grand parc, le vallon des brumes, le jardin expérimental, et la serre tropicale sont autant d’espaces paysagers remarquables et insolites.

Un parc dessiné par Jacques Wirtz a été conçu spécialement pour accueillir chaque année le Festival international des jardins. Ce grand événement annuel, autour d’un thème chaque fois différent sélectionne et présente d’avril à octobre, à l’issue d’un concours international, un panorama de la vitalité de la création paysagère en Europe.

Le domaine régional de Chaumont, propose maintenant toute l’année une programmation culturelle qui explore le lien entre art et nature en faisant largement appel à l’invention paysagère et à la création contemporaine.